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Affiché le 29 décembre 2001

La SCSI et le partenaire de la Banque mondiale pour la santé en Croatie

Pour ce qui est des partenariats, la Société canadienne pour la santé internationale (SCSI) pourrait être considérée un peu comme un expert. L'organisation non gouvernementale (ONG), dont le siège est à Ottawa, promeut la santé et le développement international au moyen de la collaboration avec ses membres et d'autres organismes. La formation de partenariats avec les institutions financières internationales (IFI) est devenue un moyen utile pour cette organisation riche en expertise, mais disposant de peu de liquidités, d'accomplir sa mission. Mais prendre pied sur le marché des IFI même exige un savoir-faire particulier. En 1999, la SCSI a formé une alliance avec la Hickling Corporation, qui a l'expérience des IFI, afin de décrocher un projet de réforme de la santé financé par la Banque mondiale, d'une valeur de 500 $K, en Croatie. Et d'autres projets de coopération - de tous genres - sont à venir.

Fondée en 1977 par un groupe de spécialistes en médecine tropicale et membre à l'origine de l'Association canadienne de santé publique, la SCSI, qui est maintenant autonome, regroupe près de 700 professionnels canadiens appartenant à différentes disciplines, dont la santé, les sciences sociales, les sciences économiques, le droit et les droits de la personne.

La Société, qui agit également à titre de représentant technique pour l'Organisation paraméricaine de la Santé (OPS), plaide en faveur de politiques et de programmes de santé qui favorisent les approches fondées sur l'équité pour améliorer la santé dans le monde. Au cours de la dernière décennie, elle a géré des projets financés par l'Agence canadienne de développement international (ACDI), la Banque mondiale, l'OPS et le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI) en Amérique latine, en Europe centrale et orientale, en Afrique et en Asie. « Notre mandat, dans tous nos projets, est de renforcer les capacités locales afin d'établir des systèmes de santé durables », a expliqué la directrice générale de la SCSI, Mme Janet Hatcher Roberts.

L'un des premiers projets internationaux de l'organisme - financé initialement par le MAECI et ensuite par l'ACDI - a été réalisé en Ukraine après que celle-ci est devenue un État indépendant. Dix-neuf Canadiens et vingt Ukrainiens ont été associés au projet de 5 millions $, appelé judicieusement « Partenaires en Santé », qui a contribué à l'amélioration durable de la santé de la population ukrainienne.

La visibilité est un élément essentiel

Ce projet a débouché sur d'autres projets bilatéraux dans la région - ainsi que sur des possibilités de réseautage qui ont mené en bout de piste au projet de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD - Banque mondiale) en Croatie. « Puisque nous étions déjà présents dans la région, nous avons pu participer à un atelier sur les politiques à Dubrovnik en août 1998 », a ajouté Mme Hatcher Roberts. « Ce fut une belle occasion de réseautage, avec la présence de représentants des ministères de la Santé de 32 pays, des banques régionales de développement et de la Banque Mondiale. Nous avons dû découvrir par nous-mêmes ce dont les ministères de la Santé avaient besoin, la façon dont la Banque mondiale comptait financer les projets et quel rôle nous allions pouvoir jouer. »

La SCSI a compris également que le ministère croate de la Santé était plus qu'impressionné par les capacités du Canada, surtout par l'expertise qu'elle pouvait offrir; elle a compris en outre qu'elle pouvait compter sur l'appui des représentants des gouvernements canadien et croate, présents aussi à l'atelier. « La visibilité est un élément essentiel », a déclaré Mme Hatcher Roberts à propos de l'implantation sur le marché des IFI.

Pour ce qui est du projet croate, le hasard a aussi bien fait les choses. Au début de 1999, la société d'experts-conseils Hickling Corporation, établie au Canada, a effectué des démarches auprès de la SCSI et lui a proposé de collaborer dans le cadre de projets internationaux en santé. « Ses responsables nous ont dit qu'ils désiraient œuvrer dans le secteur de la santé mais qu'ils ne disposaient pas de l'expertise nécessaire », a expliqué Mme Hatcher Roberts. « De notre côté, nous savions que des projets allaient être financés par la Banque mondiale, mais c'était un véritable supplice que de préparer une soumission. Hickling possédait l'expertise en matière de soumission, alors, nous avons convenu de travailler ensemble. »

La mise en commun des ressources donne des résultats

La première occasion s'est présentée avec la lettre d'intention que la SCSI a envoyée en Croatie. « Nous avons envoyé la lettre d'intention et nous avons ensuite fait nos démarches, a déclaré Mme Hatcher Roberts. Nous avons informé les ambassadeurs canadien et croate de ce que nous faisions - l'ambassadeur et le personnel de l'ambassade du Canada ont été avec nous à chaque étape du processus - et nous avons informé l'ACDI également, au cas où ses responsables rencontreraient des fonctionnaires du ministère et pourraient discuter des capacités canadiennes. Nous nous sommes assurés d'avoir la situation bien en main. »

Moins d'un an après sa participation à l'atelier, la SCSI a été présélectionnée pour deux volets du projet de réforme de la santé en Croatie financé par la BIRD. « Lorsque nous avons appris que nous avions été retenus, nous avons demandé à notre employé en poste en Ukraine de faire une visite sur place, a précisé Mme Hatcher Roberts. De petits organismes comme le nôtre ne disposent pas d'employés sur place partout et nous n'avons pas toujours les moyens d'envoyer quelqu'un d'Ottawa. Alors, quand nous sommes présélectionnés, nous diffusons un bulletin général pour voir qui travaille à proximité et peut se rendre sur place faire la visite de deux jours. » (Dans le cas d'un autre projet financé par une IFI pour lequel la SCSI a été présélectionnée, Mme Hatcher Roberts a communiqué avec deux des membres de l'organisation qui faisaient du cyclotourisme en France et les a envoyés faire une visite sur le terrain en Macédonie.)

« La visite sur le terrain est très importante, a expliqué Mme Hatcher Roberts. Afin de faire une proposition qui soit forte, nous devons rassembler de l'information qui montre notre connaissance du pays et du dossier et déterminer les acteurs qui seront nos partenaires locaux. »

Notre stratégie, c'est de trouver les meilleurs

La Société a commencé en outre à constituer une équipe de consultants à partir de ses effectifs. « Nous avons la possibilité de faire appel à qui nous voulons; nous pouvons aller chercher les gens dans le monde entier. Nous avons présenté notre soumission en fonction des gens les plus qualifiés; c'est ce en quoi notre stratégie a consisté. »

C'est une stratégie qui a porté ses fruits. En septembre 1999, la SCSI a décroché le contrat. Le travail consistait à élaborer et à dispenser cinq modules d'enseignement destinés à des stagiaires de dernière année d'études et à des professionnels de la santé en Croatie. La formation était centrée sur les éléments suivants : évaluer les ensembles de données démographiques, les systèmes d'information hospitaliers, l'accréditation et la catégorisation, les protocoles et les lignes directrices cliniques, et le matériel de soins de santé. Tous ces éléments ont contribué à la réforme du système de santé de la Croatie.

Depuis la fin du projet (réalisé dans un temps record en décembre 1999), la SCSI a travaillé de concert avec Hickling pour présenter des soumissions en réponse à d'autres appels d'offres lancés par les IFI et continue de chercher d'autres partenaires. « La prochaine étape consiste à trouver d'autres partenaires institutionnels qui ont des capacités sur le terrain, par exemple en Afrique, où nous n'en avons pas encore, dit Mme Hatcher Roberts. Les gens savent de plus en plus que la SCSI travaille bien avec les autres et d'autres acteurs qui ont par exemple des compétences mais qui ont besoin de notre expertise sectorielle viennent à elle. Nous commençons à signer des protocoles d'entente avec d'autres organismes, dans lesquels nous nous engageons à collaborer à des projets futurs. »

La souplesse : une approche saine

Parmi les projets internationaux en cours de la Société figurent : Les jeunes pour la santé Ukraine-Canada, Information sur la santé pour le Sud du Caucase et Renforcement des capacités en vue de la réforme de la santé en Bolivie; il s'agit tous de projets financés par l'ACDI.

Mme Hatcher Roberts a de bons conseils à donner aux entreprises en quête de projets internationaux financés par les IFI : « Vous devez avoir le sens de l'humour. Vous vous rendez dans un pays pour une rencontre, mais personne ne se présente, ou l'étude préliminaire que vous attendiez n'a pas été réalisée. Vous ne pouvez pas vous mettre en colère ou faire l'important. Vous devez aborder la question autrement. Vous devez vous adapter à la culture. »

La réussite continue de la SCSI à l'échelle internationale prouve que l'établissement de partenariats, qui rassemblent des capacités complémentaires conjugué à la souplesse et au sens de l'humour, est la voie vers le bien-être - partout dans le monde.

Pour de plus amples renseignements, communiquer avec :

Direction du financement à l'exportation, MAECI
Tél. : (613) 995-7251
Courriel : ifinet@international.gc.ca

ou

Mme Janet Hatcher Roberts, directrice générale
Société canadienne pour la santé internationale
Tél. : (613) 241-5785, poste 302
Téléc. : (613) 241-3845
Courriel : jroberts@csih.org


Dernière mise à jour:
2004-07-29

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