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DID et la BID: établir des institutions financières communautaires durables à Haïti

Après les inondations causées l'automne dernier par des ouragans, Développement international Desjardins (DID) veille à ce qu'un don fait par sa société mère aide les Haïtiens à reconstruire leurs habitations dans les régions les plus dévastées du pays. DID n'est pas une entreprise de construction; elle offre du financement aux communautés. Il est tout naturel que cet organisme québécois se préoccupe d'Haïti, puisqu'il y mène des activités depuis près de 20 ans. Au cours des dix dernières années, DID a collaboré avec l'Agence canadienne de développement international (ACDI) afin de créer et d'agrandir des coopératives de crédit. Aujourd'hui, un nouveau projet complémentaire réalisé de concert avec la Banque interaméricaine de développement (BID) donnera aux Haïtiens accès à encore plus d'instruments financiers pour les aider à améliorer et à rebâtir leur vie.

Créée en 1970, la société DID fait partie du groupe Desjardins, le plus important groupe de coopératives de crédit au Canada. Elle se spécialise dans le financement aux communautés, un secteur de l'industrie financière qui a pour mandat de s'occuper de la communauté en entier, y compris des plus pauvres. À ce titre, elle appuie la création et l'expansion d'institutions financières durables qui prennent racine dans la communauté. L'organisme, qui compte 65 employés à son siège social de Lévis et 30 à l'étranger, mène des activités dans une vingtaine de pays d'Afrique, d'Amérique latine, des Caraïbes, d'Asie et d'Europe centrale et de l'Est.

Autonomisation des communautés
« Nous aidons les communautés à devenir autonomes en créant des institutions locales qui appartiennent à des intérêts locaux et sont exploitées par eux, et non contrôlées par des intérêts étrangers, explique M. Serge Gosselin, directeur du marketing pour DID. Grâce à nos activités, des millions d'habitants des pays les moins avancés du monde peuvent déposer et mettre en commun leurs économies, qui peuvent ensuite être prêtées à d'autres membres de la communauté. »

La plupart des travaux de DID sont exécutés de concert avec l'ACDI ou avec les banques multilatérales de développement (BMD), y compris la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement. À Haïti, l'ACDI a financé trois projets de DID visant à collaborer avec des coopératives d'épargne et de crédit existantes (Caisses populaires) et à en créer de nouvelles dans les départements (régions semblables à des provinces) où il n'y en avait pas auparavant. Grâce à ces projets, Haïti compte 60 nouvelles Caisses populaires et 13 succursales dans dix départements.

Le nouveau projet est le premier que l'organisme réalise de concert avec la BID, et il découle directement du troisième projet exécuté avec l'ACDI et toujours en cours de réalisation, dont il est aussi un complément. En vertu de ce projet de la BID d'une durée de quatre ans, qui s'élève à 650 000 $US et doit débuter en juillet 2005, DID cherchera à améliorer et à augmenter les activités de prêts et les autres services financiers offerts aux communautés à faible revenu par les Caisses populaires qu'il a fondées ou qu'il a agrandies dans le cadre de ses projets avec l'ACDI.

DID établira également les bases d'une fédération officielle des coopératives. « L'existence d'une fédération, ou union, assure la continuité des Caisses populaires après notre départ du pays, explique Mme Josée St-Hilaire, agente de programme pour Haïti, le Rwanda et la Mauritanie. Dans le cadre de ce contrat aussi bien que de notre projet avec l'ACDI, nous mettons donc en place des services de soutien financier centralisés. Jusqu'à présent, nous avons fait porter nos efforts sur des activités commerciales et financières, mais nous aimerions aussi offrir des services de financement pour l'éducation, l'agriculture et les logements, et travailler plus en synergie avec d'autres projets canadiens dans ces domaines. »

Se faire des contacts dans la communauté mondiale
DID connaît l'importance de la communauté pour ses propres activités. Dans son cas, cependant, le monde entier constitue sa communauté. Sur le marché concurrentiel des BMD, l'organisme noue et resserre des liens avec celles-ci aussi bien qu'avec les gouvernements et les entreprises dans d'autres pays.

« Il n'est pas facile de se faire connaître des BMD, et il nous faut déployer beaucoup d'efforts pour établir des relations et les entretenir, explique M. Gosselin. Il ne s'agit pas d'une action ponctuelle; il faut rester en contact, leur montrer les résultats de nos activités de soutien et démontrer notre expérience. Il importe surtout de prouver que nous avons une influence bénéfique sur le terrain, que nous aidons les habitants à améliorer leurs conditions de vie. Entretenir des relations avec les BMD constitue un investissement continu de temps et d'efforts. »

DID cultive également des relations avec le réseau d'agents commerciaux du Canada dans le monde entier. « Quand nous arrivons dans un nouveau pays, notre première visite est pour l'ambassade afin d'obtenir de plus amples informations », précise M. Gosselin.

L'entreprise participe aux conférences et colloques internationaux pour se faire connaître des bonnes personnes. C'est ainsi que DID a rencontré son contact à la BID et a ensuite pu montrer à la banque ses travaux avec l'ACDI à Haïti.

Les négociations n'ont cependant pas été faciles. Comme l'explique M. Gosselin, les BMD ont de plus en plus souvent le mandat de conclure des contrats avec des entreprises nationales, qui peuvent ensuite passer un marché de sous-traitance avec des sociétés étrangères, ce qui s'est produit avec la BID, qui souhaitait que l'organisme d'exécution soit haïtien et que DID fournisse un soutien technique. Le problème, comme le savait DID, résidait dans le fait que le pays ne possédait pas l'expérience particulière qui était nécessaire. DID a eu du mal à convaincre la BID que, dans ce cas-ci, elle représentait le seul organisme possédant les qualités requises pour s'occuper des deux aspects. Toutefois, comme le fait remarquer M. Gosselin, le projet aura notamment pour résultat de créer une expertise locale à Haïti.

« L'argent au service des gens »
Malgré les catastrophes, tant naturelles que politiques, qu'a connues Haïti au cours de la dernière année, les activités de DID n'ont presque pas souffert. « Même au pire de la crise, après la chute du président Aristide, aucune de nos coopératives haïtiennes n'a subi de dommage, car en l'absence de la police, les habitants les ont protégés eux-mêmes. Les institutions leur appartenaient et leur propre argent était en jeu, » a déclaré Mme St-Hilaire

Il s'agit d'un exemple révélateur du pouvoir des institutions appartenant à la communauté et des gens qui y contribuent.

Pour donner un autre exemple tout aussi caractéristique, DID, dont la devise est « l'argent au service des gens », gère un don de 150 000 $ fait par sa société mère, le groupe Desjardins, afin d'aider les Haïtiens à reconstruire leurs habitations à la suite des ouragans de 2004. Bien que l'organisme s'attend à ce que la plus grande partie de l'argent soit affectée aux logements, il cherche aussi à renforcer une Caisse populaire (qui ne lui appartient pas) à Gonaïves, une des villes les plus durement touchées, afin que les habitants y aient accès à des services financiers pour leur permettre de rebâtir leur vie.

DID n'a pas encore évalué officiellement les résultats de sa réalisation; cependant, une rétroaction informelle indique que les Haïtiens profitent en effet, de façon tangible, de leurs coopératives communautaires : ils peuvent acheter des appareils électroménagers, envoyer leurs enfants à l'école et démarrer des entreprises commerciales. « C'est le type de rétroaction que nous obtenons toujours », a ajouté Mme St-Hilaire.

C'est ce genre de rétroaction qui permet à DID de demeurer à Haïti et dans d'autres pays du monde entier.

Pour de plus amples informations, veuillez communiquer avec:

la Direction du financement international
Commerce international Canada
Tél.: (613) 995-7251
Courriel: ifinet@dfait-maeci.gc.ca

ou avec

M. Serge Gosselin, directeur du marketing
Développement international Desjardins
Tél.: (418) 835-2400
Courriel: info@did.qc.ca


Dernière mise à jour:
2005-06-02

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