Projet de la JBIC pour l'électrification rurale au Pérou : de nouvelles frontières pour Dessau-Soprin
Les cas de collaboration réussie de sociétés d'experts-conseils canadiennes avec la Japan Bank for International Cooperation (JBIC) sont trop peu nombreux. Les barrières linguistiques et culturelles, sans compter la vive concurrence japonaise, font qu'il est très difficile d'obtenir la réalisation de projets financés par cette importante source d'aide publique au développement (APD). Quand une société d'ingénieurs-conseils canadienne, comme la société québécoise Dessau-Soprin Inc., joue un rôle principal dans la réalisation d'un projet d'électrification rurale au Pérou, projet d'une valeur de 60 millions de dollars américains financé par la JBIC, c'est une affaire extraordinaire. En fait, l'entreprise a obtenu la plus haute note possible pour sa soumission gagnante - encouragée comme elle l'était par sa présence locale et par son expérience, ses solutions novatrices et l'attention méticuleuse apportée aux besoins des clients.
Fondée en 1957, Dessau-Soprin se spécialise dans les domaines du transport, du génie du bâtiment, de l'eau et des eaux usées, de l'énergie électrique, de l'environnement, de la géotechnique, du génie des matériaux et de l'assurance de la qualité et du développement urbain. L'entreprise, qui a quinze bureaux au Québec et des bureaux permanents au Pérou, au Venezuela, en Algérie, en Chine et aux États-Unis, est active sur la scène internationale depuis plus de trente ans et a travaillé avec la plupart des banques de développement multilatérales, dont, très récemment, la Banque asiatique de développement et la Banque africaine de développement.
Vive concurrence pour une source d'APD généreuse
Par la JBIC, le Japon offre les programmes de développement les plus généreux au monde : ces dernières années, le pays a fourni près du quart de l'APD totale mondiale, représentant quelque 20 milliards de dollars par année. Si la majeure partie de l'aide est destinée à l'Asie, la JBIC est aussi active dans d'autres régions en développement, dont l'Amérique latine.
L'Electric Frontier Expansion Project (Projet de US $5 millions d'expansion des frontières électriques) de la JBIC, dont la réalisation a été accordée à Dessau-Soprin en novembre 2000 et qui a été achevé en mai 2002, visait à étendre les réseaux de transport et de distribution de l'électricité aux régions rurales du Pérou. La JBIC a fourni le financement pour le matériel, la construction et la supervision du projet, lequel a été commandé par le ministère de l'Énergie et des Mines du Pérou et qui a profité à quelque 300 000 habitants de plus de 600 collectivités.
Dessau-Soprin faisait face à une vive concurrence internationale pour le contrat, notamment des firmes d'ingénierie japonaises, qui, par principe, obtiennent la réalisation d'environ 50 % des projets financés par la JBIC, quoique le taux varie entre 30 et 80 %, selon les modalités de chaque projet. « Il est très difficile d'obtenir du travail de la JBIC », d'expliquer M. Homero Fuertes, vice-président pour l'Amérique du Sud chez Dessau-Soprin. « Mais nous avons monté une bonne proposition. »
En fait, Dessau-Soprin a monté une excellente proposition: elle a obtenu la plus haute note possible -- 1 000 points -- selon le système d'évaluation employé par le Bureau des Nations Unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS), organisation engagée par le client péruvien pour garantir la transparence du processus d'adjudication du contrat. Par ailleurs, et de façon exceptionnelle, 100 pourcent de la supervision du projet dans son entier a été attribuée à la firme lavalloise sans l'ajout d'un partenaire japonais.
Compétences locales clés
Une présence locale et l'expérience locale passée ont joué un rôle déterminant dans le succès de la proposition de Dessau-Soprin. L'entreprise conçoit des lignes de transport et des sous-stations au Pérou depuis 1992. En fait, en 1998, elle a remporté un Prix d'excellence pour la coopération internationale décerné par Manufacturiers et Exportateurs du Canada (MEC) et l'Agence canadienne de développement international (ACDI) pour un projet qui concernait un procédé de nettoyage novateur visant à réduire les pertes de transport considérables et qui s'inscrivait dans le cadre d'un projet plus vaste de remise en état de 1 600 km de lignes de transport polluées et érodées le long de la côte péruvienne.
« Il s'agissait d'un projet important qui nous a aidé à bien comprendre le marché péruvien et à nous positionner par rapport à d'autres clients », de dire M. Fuertes. « De sorte que lorsque ce projet de distribution est venu sur le tapis avec la JBIC, nous étions déjà là sur le marché, avec tout ce qu'il fallait du point de vue de l'expérience, des compétences et des contacts parmi les ingénieurs locaux. »
Comme le souligne M. Fuertes, le fait de travailler avec des consultants locaux aide beaucoup à être concurrentiel quand il s'agit de projets financés par la JBIC. « La JBIC encourage les consultants japonais à s'associer avec des consultants du pays actifs dans le projet, afin de surmonter la barrière linguistique et de mieux comprendre les règlements locaux; aussi cette stratégie a-t-elle constitué une grosse partie de notre proposition. » Au total, Dessau-Soprin a engagé et formé 180 ingénieurs locaux.
Prise en compte des besoins du client
Dessau-Soprin a aussi mis l'accent sur les besoins et les attentes des clients. « L'organisation de financement, la JBIC, a ses propres lignes directrices, mais quant au projet précis, elle suit ce que le client veut, » d'ajouter M. Fuertes. « Avant de soumettre notre proposition, nous avons donc longuement parlé avec le client. Nous avons considéré tous ses besoins et toutes ses spécifications et communiqué ces besoins aux ingénieurs de chantier au cours de toutes les phases du contrat. Cette stratégie de communication est très importante pour nous assurer de fournir au client ce qu'il veut. »
Le projet, qui concernait la construction de 130 kilomètres de lignes de transport et de 2 500 km de lignes de distribution dans des régions montagneuses reculées, posait de très grandes difficultés logistiques en raison du manque d'accès routier à la plupart des collectivités concernées. Comme le client l'expliquait à Dessau-Soprin, le défaut d'accès routier, dans les projets précédents, avait rendu difficile de recevoir à temps les rapports mensuels des consultants sur l'état d'avancement des travaux et donc de prendre des décisions éclairées et opportunes à chaque phase du projet. La solution de Dessau-Soprin, qui a fait partie de sa proposition, était de créer un réseau en ligne et de doter chaque superviseur d'un ordinateur portatif, de manière que les rapports pouvaient être envoyés, de façon efficace et à temps, par courrier électronique.
La nécessité de critères de supervision uniformes entre les 23 chantiers qu'il y avait en même temps au Pérou a été un autre défi. Avec une subvention au titre de l'assistance technique de l'ACDI, Dessau-Soprin a préparé des manuels de supervision pour les lignes de transport, les sous-stations et les systèmes de distribution et initié les superviseurs recrutés sur place, y compris les ingénieurs du client, à ses normes.
Ambassade : source d'information et de contacts
En ce qui a trait aux règlements locaux et à d'autres renseignements, Dessau-Soprin compte aussi sur le réseau commercial canadien à l'étranger. « L'ambassade du Canada à Lima a de très bonnes données sur le pays et sur le gouvernement, et nous nous adressons aussi à elle lorsque nous avons besoin de contacts. Il y a un représentant de l'ACDI à l'ambassade même, de sorte que si j'ai besoin d'aide technique sur un projet, je peux traiter avec des gens de l'ACDI à Lima même. »
Même si la JBIC ne participe activement ni à l'évaluation des propositions, ni à la supervision du contrat, elle est loin d'être un partenaire passif. Comme l'explique M. Fuertes, des représentants de l'agence de financement font une importante visite de suivi des lieux une fois le projet terminé. À ce sujet, Dessau-Soprin n'a aucune inquiétude: « Ils ont été très satisfaits de la performance exceptionnelle de la firme qui a complété le projet dans les délais fixés et à moindre coût que le budget prévu. »
Il n'est pas surprenant que le projet ait ouvert d'autres possibilités. En mai 2002, Dessau-Soprin, en partenariat avec la Corporation commerciale canadienne, Exportation et développement Canada et Investissement Québec, a signé un protocole d'entente avec le ministère péruvien de l'Énergie et des Mines concernant un projet d'électrification de quelque 3 000 collectivités du Pérou (www.gasandoil.com/goc/company/cnl24680.htm).
Pour plus de renseignements, communiquer avec :
M. Guy E. Salesse
Conseiller (Affaires commerciales)
Ambassade du Canada à Pérou
Tél. : (011-51-1) 444-4015
Téléc. : (011-51-1) 444-4347
Courriel : guy.salesse@international.gc.ca
ou
M. Homero Fuertes
Vice-président pour l'Amérique du Sud
Dessau-Soprin Inc.
Tél. : (514) 281-1033, poste 2769
Courriel : homero.fuertes@dessausoprin.com
ou
Direction du financement à l'exportation, MAECI
Tél. : (613) 995-7251
Courriel : ifinet@international.gc.ca
Date de publication: 2003/07/22
|