Une firme de Winnipeg favorise le renforcement des capacités locales
en Ouganda
Décentraliser la planification, la mise en oeuvre et la responsabilité financière des projets d'infrastructure afin de favoriser des meilleures solutions à long terme pour les utilisateurs finaux n'est pas le genre de projet auquel on s'attend habituellement d'une société d'ingénieurs. Ces cinq dernières années, par contre, c'est au développement de ce type de capacités locales que Wardrop Engineering Inc. a travaillé en Ouganda. Ce souci du développement durable ne caractérise pas seulement les priorités des projets de l'entreprise de Winnipeg, mais aussi son approche en ce qui concerne la recherche de marchés des IFI et de partenaires - y compris la Banque mondiale, bailleur de fonds de ce projet de 88 millions de dollars américains qui entre maintenant dans sa troisième phase.
Wardrop Engineering Inc. est une grande firme d'experts-conseils en génie multidisciplinaire qui se concentre sur le Canada, les États-Unis, l'Afrique, l'Europe, l'Amérique latine et l'Asie. Fondée en 1955 sous le nom W.L. Wardrop & Associates, Wardrop Engineering emploie maintenant 400 employés et est l'une des dix sociétés appartenant à l'organisme de consultation multidisciplinaire Wardrop Holdings. La société fournit des services d'ingénierie, de gestion et de planification pour les gouvernements et le secteur privé du monde entier.
Les débuts de l'entreprise sur la scène internationale remontent à 1968, lorsque l'un de ses cadres a été engagé à titre de consultant pour un projet de l'Agence canadienne de développement international (ACDI) en Tanzanie. Aujourd'hui, pratiquement tous les projets qu'entreprend Wardrop à l'étranger (qui comptent pour environ 20 % du chiffre d'affaires de l'entreprise) sont financés par l'ACDI et les IFI - la Banque mondiale, la Banque asiatique de développement et, plus rarement, la Banque africaine de développement.
Élaborer des solutions durables
Comme l'explique M. Alan Foy, vice-président de la division internationale de Wardrop Engineering, la priorité de l'entreprise est de trouver des marchés où elle peut fournir des services à long terme. « Nous reconnaissons le fait que la culture locale et l'histoire ont une influence sur la prise de décisions et que ce n'est qu'en travaillant avec les employés des clients et partenaires locaux que nous pouvons élaborer des solutions appropriées et durables. »
Le projet qu'exécute Wardrop en Ouganda depuis 1996, concerne la gestion des affaires publiques; il s'écarte peut-être de l'ingénierie habituelle, mais il constitue un élément essentiel du développement durable, concept qui joue un rôle important dans tous les projets internationaux de l'entreprise. Pour Wardrop, cela ne signifie pas seulement la prise en compte des préoccupations écologiques et l'utilisation de la technologie appropriée, mais aussi favoriser la participation des intéressés et renforcer les capacités des organismes et de la communauté.
La volonté de Wardrop de renforcer les capacités locales n'a rien de nouveau. « Nous avons probablement fait avancer cette approche communautaire de la conception, de la planification, de l'exploitation et du maintien des opérations communautaires plus que la plupart des sociétés canadiennes, explique M. Foy. Nous avons commencé à nous diriger vers ce créneau au milieu des années 1970 et nous sommes devenus vraiment performants à cet égard au début des années 1990. »
Les IFI renforcent les capacités locales
C'est un créneau qui cadre bien avec les priorités actuelles des IFI. « Pour les IFI, la durabilité est plus importante aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a 25 ans, affirme M. Foy. Elles collaborent donc avec les gouvernements afin d'améliorer la gestion des affaires publiques et la composante développement local. C'est l'une des choses dont peu de gens se rendent compte - les IFI ont la responsabilité de renforcer les capacités locales. »
Pour la première phase du projet d'infrastructure périurbain financé par la Banque mondiale en Ouganda, Wardrop a collaboré avec des organismes communautaires dans quatre quartiers pauvres de quatre villes afin de déterminer les améliorations souhaitées dans cinq secteurs : l'approvisionnement en eau, l'assainissement, les routes, le drainage et la gestion des déchets solides. Les consultations ont permis de dégager un cadre décisionnel liant les communautés locales aux niveaux de gouvernement plus élevés, un mécanisme de mouvement des fonds et des programmes de formation.
Cette phase ayant été acceptée par le ministère ougandais de l'Administration locale, chargé de la mise en oeuvre, la société s'est vue confier la phase deux, qui étendait le projet à 29 autres districts et 13 autres municipalités du pays et qui établissait les conditions minimales et les évaluations de la mesure du rendement nécessaires pour participer au programme. Dans la phase trois, confiée en octobre 2001, et qui devrait durer trois ans, le projet est devenu un programme national s'étendant à tous les 56 districts et à 13 municipalités.
Le projet est géré par MBW Consulting Engineers, une société qui appartient à 51 % à M. Patrick Batumbya, ingénieur ougandais, et à 49 % à Wardrop. La société emploie maintenant environ 20 Ougandais et a été toujours rentable dès ses débuts il y a trois ans. « C'est vraiment une société locale, affirme M. Foy. Tous les employés sont des Ougandais et la société appartient en majorité à un Ougandais. »
Développement durable du marché
Wardrop applique même le concept du « développement durable » à sa stratégie de développement du marché - une approche à deux volets qui met l'accent sur le réseautage direct à long terme. « Nous visitons régulièrement la Banque mondiale à Washington - environ trois fois par année, explique M. Foy. Nous rendre sur place nous permet de rencontrer les chargés de dossier responsables de différents projets, de suivre l'état d'avancement d'un projet et de les renseigner sur ce que nous faisons. »
Le deuxième volet, le plus important, est de se faire connaître des pays dans lesquels la société veut se tailler une place. « Vous découvrez quelle institution gouvernementale mettra en oeuvre le projet qui vous intéresse, puis le procédé est toujours le même : savoir où en est le projet et quelles sont les préoccupations de ses responsables, puis leur faire part de votre intérêt et de vos capacités. »
Dans le cas de l'Ouganda, Wardrop a visité le pays plusieurs fois ces dernières années avant d'obtenir le contrat. « Nous avons demandé l'exécution d'une étude de marché sur l'Afrique subsaharienne en 1993 et l'Ouganda nous a paru être un marché intéressant, explique M. Foy. Nous avons donc visité le pays à maintes reprises pendant deux ans et demi afin de connaître les réalités et les fonctionnaires locaux ainsi que les partenaires potentiels. »
Selon M. Foy, sans ce réseautage direct continu, une entreprise a peu de chance d'être présélectionnée pour des projets financés par les IFI. « Ces projets donnent lieu à une vive concurrence et il n'est pas rare qu'entre 50 et 60 entreprises expriment leur intérêt au gouvernement du pays. À partir de cette liste initiale, celui-ci dresse une liste restreinte d'environ six candidats. Si vous ne vous êtes pas manifesté au moment où cette deuxième liste est établie, il est probablement déjà trop tard. »
M. Foy encourage aussi les entreprises à utiliser les services du gouvernement canadien, particulièrement ceux des bureaux de liaison avec les institutions financières internationales (BLIFI), du Service des délégués commerciaux du Canada et des Centres du commerce international. Selon lui, les BLIFI fournissent des renseignements et des conseils utiles pour vous aider à obtenir des projets des IFI et les délégués commerciaux peuvent vous renseigner sur le contexte et les lois locales d'un pays et vous donner un aperçu interne de ce dernier.
Cela pourrait s'appeler de l'aide au renforcement des capacités chez soi. Grâce à elle, des entreprises comme Wardrop peuvent mettre en oeuvre des projets financés par les IFI, qui sont durables... à tous les niveaux.
Pour de plus amples informations, veuillez contacter :
Direction du financement à l'exportation, MAECI
Tél. : (613) 995-7251
Courriel : ifinet@international.gc.ca
ou
Alan Foy, vice-président, Division internationale
Wardrop Engineering Inc.
Tél. : (204) 956-0980
Courriel : foy@wardrop.com
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